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La figure du kātib à partir de la 7e nuit du Kitāb al Imtāʿ wa-l-muʾānasa de Tawḥīdī

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Résumé Cet article se propose de montrer comment l’essayiste arabe du iv e/x e siècle Abū Ḥayyān al-Tawḥīdī pose la question du statut du secrétaire de l’administration de l’empire, le kātib. Fait rare dans son œuvre, il choisit, dans la 7e Nuit du Kitāb al-Imtāʿ wa-l-muʾānasa, de s’impliquer lui-même dans un débat avec un secrétaire comptable (kātib ḥisāb). Dans ce débat émerge un désaccord de fond sur la fonction du secrétaire. Le secrétaire comptable oppose la nécessité absolue de sa propre fonction de gestion du registre des comptes pour le fonctionnement des institutions de l’empire au caractère secondaire de celle du secrétaire épistolier, rédacteur des correspondances officielles. Pour Tawḥīdī, au contraire, la fonction de secrétaire épistolier est la clé de voûte de toutes les autres, car par le modèle d’éloquence qu’il constitue, il incarne la figure de l’homme de lettres modèle que Tawḥīdī veut défendre.

1. FN11 Nous reprenons ici la traduction du terme kātib al-inšāʾ de Bruna Soravia, qu’elle applique pour sa part aux kuttāb de l’Espagne omeyyade.
2. FN22 Cela dit, on aurait tort d’enfermer Tawḥīdī dans un champ disciplinaire exclusif, tant le mouvement de sa pensée, aussi bien de facture littéraire que philosophique, échappe à une vraie tentative de catégorisation.
3. FN33 Kitāb al-Imtāʿ wa-l-muʾānasa, éd. Aḥmad Amīn et Aḥmad al-Zayn, Manšūrāt dār maktabat al-ḥayāt, I, la 7e Nuit figurant aux pages 96-104.
4. FN44 Cf. Joseph Sadan, « La littérature vue par un administrateur frustré : l’arrière-fonds socio-culturel de la description la plus courte et la plus sarcastique du développement de la prose épistolaire arabe », Studia Islamica, 71 (1990), p. 32.
5. FN55 André Miquel a bien noté les conséquences pour l’adab d’une telle orientation « généraliste » et l’on peut y inscrire la démarche de Tawḥīdī : « Nous parlerons donc d’une littérature de techniciens, en ce sens qu’elle émane d’administrateurs et qu’elle s’adresse également à des administrateurs, chargés de fonctions précises, mais en soulignant tout aussitôt qu’elle refuse de se laisser enfermer dans les seules préoccupations techniques propres à ces administrateurs (André Miquel, Géographie humaine du monde musulman jusqu’au milieu du 11e siècle, Paris, Mouton & Co et EPHE, 1967, I, p. 87). À ce stade de l’analyse, Miquel pose, finalement, le lien intime qui s’établit désormais entre le secrétaire et ce que l’on peut appeler, dans une traduction du mot adab qui demeure approximative, une culture, qui dépasse ce que Miquel appelle avec raison « la contradiction [. . .] entre le milieu de spécialistes dont cette littérature est issue et l’allure éclectique sous laquelle elle se présente. » (ibid.) Or, les termes du problème se posent, désormais, différemment, après, en quelque sorte, la « réaction à la réaction » qui cherchera à « désenclaver » le métier de secrétaire pour faire de lui un homme de lettres avant un fonctionnaire : « [. . .] Nous avons posé historiquement – écrit Miquel – chemin faisant, deux termes essentiels : le personnage du kātib, d’un côté, et de l’autre, un souci de culture large, non spécialisé, qui n’est autre que l’adab. C’est donc, en dernière analyse, le problème central de la culture du fonctionnaire que nous retrouvons. » (ibid.)
6. FN66 Sadan, « Littérature », p. 32.
7. FN77 Dans ce contexte, la rhétorique n’est pas une science ; elle est maîtrise du verbe, citée en exemple pour montrer à la partie adverse, a contrario de ce qu’elle avance, tout l’intérêt qu’il y a à posséder cet art.
8. FN88 Imtāʿ, p. 96.
9. FN99 Également évoqués par Dominique Sourdel : « les services occupés à la rédaction d’actes divers qui devaient être revêtus du sceau califien – tels les actes de nomination d’agents, de gouverneurs et de cadis – étaient surtout le bureau de la Chancellerie (littéralement le bureau des “lettres” ou rasāʾil) et le bureau de sceau ou khatam. » (Dominique Sourdel, L’État impérial des califes abbassides viiie-xe siècle, Paris, PUF, 1999, p. 48). Du premier bureau nommé, celui des lettres, dépendait le secrétaire qui nous occupe ici, le kātib al-inšāʾ.
10. FN1010 Bruna Soravia, Les fonctionnaires épistoliers (kuttāb al-inšāʾ) en Espagne musulmane à l’époque des roitelets (ve siècle/xie siècle), thèse soutenue à l’université Paris III, p. 11.
11. FN1111 On peut se demander s’il ne serait pas préférable de lire ici ḥilya, parure, plutôt que ḥīla, ruse. Cela concorderait de manière adéquate, dans le contexte, avec une critique de la rhétorique comme vénération de la forme en tant que parure artificielle qui occulte les idées.
12. FN1212 Imtāʿ, p. 96.
13. FN1313 Nous utilisons cette expression, car dans la perspective de Tawḥīdī, la rhétorique est une pratique, pas une science théorisée et codifiée.
14. FN1414 Imtāʿ, p. 96.
15. FN1515 Dans leur Traité de l’argumentation, Perelman et Olbrechts-Tyteca ont démonté avec précision les mécanismes de la pétition de principe : « La pétition de principe consiste en un usage de l’argument ad hominem lorsqu’il n’est pas utilisable, parce qu’elle suppose que l’interlocuteur a déjà adhéré à une thèse que l’on s’efforce justement de lui faire admettre » (Traité de l’argumentation, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 20005, p. 151). Les auteurs ont précisé plus haut que par argumentation ad hominem, ils entendaient une argumentation «portant sur l’opinion», (ibid., p. 148). Ici, le secrétaire comptable se fonde sur un argument fondé sur l’opinion que le secrétaire épistolier est le « maillon faible de la chaîne des secrétaires », c’est un argument « inutilisable » pour convaincre Tawḥīdī, à qui il n’est pas possible de faire admettre ces valeurs que l’opinion commune des secrétaires aurait prétendument érigées en consensus, en créant ainsi l’argumentation ad hominem qui servirait à alimenter une pétition de principe dont notre auteur n’est pas dupe.
16. FN1616 Imtāʿ, p. 96.
17. FN1717 Cf. Imtāʿ, p. 97 : fa-maṣāliḥ al-ʿ āmma wa-l-ḫāṣṣa muʿallaqa bi-l-ḥisāb.
18. FN1818 Cf. Imtāʿ, p. 97.
19. FN1919 Imtāʿ, p. 96, c’est nous qui soulignons.
20. FN2020 Imtāʿ, p. 96 : wa-law lam yakun min ṣanʿat al-inšāʾ illā anna l-mamlaka l-ʿarīḍa l-wāsiʿa yuktafā fīhā bi-munšiʾ wāḥid wa-lā yuktafā fīḥā bi-miʾat kātib ḥisāb.
21. FN2121 Non pas, on l’a dit, au sens d’une science, mais de pratique de l’expression dans une visée persuasive.
22. FN2222 Mot à mot : « ce qui est conforme à la sincérité dans cet état de fait ».
23. FN2323 Imtāʿ, p. 101 : wa-amma qawluka inna aṣḥābahā yustarqaʿūna fa-hāḏā šanaʾ min al-qawl, wa-law ʿarafta l-ṣidq fīhi lam tanbus wa-lam tanṭiq bi-ḥarf minhu fa-inna fīhi zirāya ʿalā l-salaf al-ṣāliḥ wa-l-ṣadr al-awwal wa-law wağaba an yustarqaʿa l-balīġ iḏā kāna ʿāqil la-wağaba an yustaʿqala l-ʿayy iḏā kāna aḥmaq wa-hāḏā ḫulf.
24. FN2424 Imtāʿ, p. 101 : al-balāġa hiya l-ğidd wa-hiya l-ğāmiʿa li-ṯamarāt al-ʿaql li-annahā tuḥiqqu l-ḥaqq wa-tubṭilu l-bāṭil ʿalā mā yağibu an yakūna l-amr ʿalayhi.
25. FN2525 Imtāʿ, p. 97 : man ʿabbara ʿammā fī nafsihi bi-lafẓ malḥūn aw muḥarraf aw mawḍūʿ ġayra mawḍiʿihi, fa-qad kafā.
26. FN2626 Imtāʿ, p. 101 : ammā qawluka iḥdā l-ṣināʿatayn hazl wa-l-uḫrā ğidd fa-biʾsa mā sawwalat laka nafsuka ʿalā l-balāġa hiya l-ğidd hiya l-ğāmiʿa li-ṯamarāt al-ʿaql li-annahā tuḥiqqu l-ḥaqq wa-tubṭilu l-bāṭil ʿalā mā yağibu an yakūna ʿalayhi l-amr ṯumma taḥqīq al-bāṭil wa-ibṭāl al-ḥaqq li-aġrāḍ taḫtalifu wa-aġrāḍ taʾtalifu wa-umūr lā taḫlū aḥwāl hāḏihi l-dunyā minhā min ḫayr wa-šarr wa-ībāʾ wa-iḏʿān wa-ṭāʿa wa-ʿiṣyān wa-ʿadl wa-ʿudūl wa-kufr wa-īmān wa-l-ḥāğa tadʿū ilā ṣāniʿ al-balāġa wa-wāḍiʿ al-ḥikma wā-ṣāḥib al-bayān wa-l-ḫaṭāba wa-hāḏa ḥadd al-ʿaql wa-l-āḫar ḥadd al-ʿamal.
27. FN2727 Imtāʿ, p. 97 : qawluka hāḏā kāna yaslamu law kāna l-inšāʾ wa-l-taḥrīr wa-l-balāġa bāʾina ʿan ṣināʿat al-ḥisāb wa-l-taḥṣīl ammā wa-hiya muttaṣila bihā wa-dāḫila fī ğumlatihā wa-muštamila ʿalayhā wa-ḥāwiya lahā fa-kayfa yaṭṭariḍu ḥukmuka wa-taslamu daʿwāka ?
28. FN2828 Imtāʿ, p. 98 : alā taʿlamu anna māl al-dawāwīn allatī yanfaridu aṣḥābuhā bi-ʿamal al-ḥisāb faqīra ilā inšāʾ al-kutub fī funūn mā yaṣifūnahu wa-mā yataʿāṭawnahu bal lā sabīl lahum ilā l-ʿamal baʿda taqdīmat hāḏihi l-kutub allatī madāruhā ʿalā l-ifhām al-balīġ wa-l-bayān al-makšūf wa-l-iḥtiğāğ al-wāḍiḥ wa-ḏālika yūğadu min al-kātib allaḏī ʿibtahu wa-ʿaḍaḍtahu.
29. FN2929 C’est-à-dire celle des divans, Tawḥīdī a déclaré juste avant que : « l’abondance (durūr) des finances et leur fructification (ziyāda) reposent sur ces divans au sein desquels soit la marque (aṯar) de la rhétorique (balāġa) est la plus saillante, soit celle du calcul est la plus marquée, soit les deux s’équilibrent », (Imtāʿ, p. 99).
30. FN3030 Imtāʿ, p. 101 : fa-ʿalā ğamīʿ al-aḥwāl lā yakūnu l-kātib kāmil wa-lā li-smihi mustaḥiqq illā baʿda an yanhaḍa bi-hāḏihi l-aṯqāl wa-yağmaʿa ilayhā ūṣūl min al-fiqh maḫlūṭa bi-furūʿihā wa-āyāt min al-Qurʾān maḍmūma ilā siʿatihi fīhā wa-aḫbār kaṯīra muḫtalifa fī funūn šattā li-takūna ʿudda ʿinda l-ḥāğa ilayhā maʿa l-amṯāl al-sāʾira wa-l-abyāt al-nādira wa-l-fiqar al-badīʿa.
31. FN3131 Ainsi sont mentionnés, par exemple, les bureaux de l’armée (dīwān al-ğayš), de la finance (dīwān al-māl), de l’apostille (dīwān al-tawqīʿ), du sceau (dīwān al-ḫātam), du redressement des torts (dīwān radd al-maẓālim).
32. FN3232 Sourdel, État, p. 41.
33. FN3333 Sourdel, État, p. 73. Ğaʿfar le Barmécide est un exemple de ces scribes qui ne se contentaient pas toujours de ces rôles d’exécutants et s’efforçaient souvent d’intervenir dans la direction de l’Empire en jouant un rôle privilégié de représentants du calife. Ğaʿfar fut ainsi à la fois conseiller intime du vizir chargé de la monnaie et de la poste et gouverneur nominal de la province de Syrie. Cf. Sourdel, État, p. 73.
34. FN3434 Joel L. Kraemer, Humanism in the Renaissance of Islam. The Cultural Revival during the Buyid Age, Leyde, Brill (« Studies in Islamic Culture and History Series »), 1986.
35. FN3535 Alexander Key, « The applicability of the term “humanism” to Abū Ḥayyān al-Tawḥīdī», Studia Islamica, 100/101 (2005), p. 83, c’est nous qui soulignons.
36. FN3636 Key, « Applicability », p. 83
37. FN3737 [. . .] The key problematic dynamic underpinning all of these judgments is that of progress. The assumption behind this use of the humanist lens is that humanism improves a society, and equally that the modern West is better than what preceded it. Key, « Applicability », p. 83.
38. FN3838 Il s’agit du thème de l’archétype du kātib, développé par ʿAbd al-Ḥamīd al-Kātib, dans son Épître aux secrétaires (Risāla ilā l-kuttāb). Ce texte condense, selon Bruna Soravia, « dans un langage sec et sentencieux, une grande partie des contenus typiques de cette tradition sous la forme de règles de conduite. Il s’y trouve les listes, devenues ensuite canoniques, des qualités requises du bon kātib afin de pouvoir être les oreilles, les yeux, la langue et les mains de son seigneur ». Soravia, Fonctionnaires, p. 38.
39. FN3939 Imtāʿ, p. 100 : al-sulṭān yaʾmuru wa-yanhā wa-yulāṭifu wa-yuḫāṭibu wa-yaḥtāğu wa-yunṣifu wa-yūʿidu wa-yaʿidu wa-yaḍmanu wa-yumannī wa-yuʿalliqu l-amr wa-yuʾakkidu l-rağāʾ wa-yaḥsumu l-mādda l-ḍārra wa-yuḏīqu l-raʿiyya ḥalāwat al-ʿaql wa-yuğannibuhum marārat al-ğūr ṯumma yağbā fa-iḏā ğabā iḥtāğa ilā l-ḥiṣāb ḥattā yakūna bi-l-ḥāṣil ʿālim ṯumma yataqaddamu bi-tawzīʿ ḏālika ʿalā l-ḥassāb ḥattā yakūna min al-ġalaṭ āminan.
40. FN4040 Imtāʿ, p. 103 : wa-kafā bi-l-balāġa šarafan annaka lā tastaṭīʿu tahğīnahā illā bi-l-balāġa wa-lam tahtadi ilā l-kalām ʿalayhā illā bi-quwwatihā fa-nẓur kayfa wağadta fī-stiqlālihā mā yuqilluhā wa-yuqillu ġayrahā wa-hāḏā amr badīʿ wa-šaʾn ʿağīb.
41. FN4141 Imtāʿ, p. 100 : law anṣafta la-ʿalimta anna l-ṣināʿa l-ğāmiʿa bayna l-amrayn aʿnī l-ḥisāb wa-l-balāġa. wa-l-inšāʾ lā yaʾtī ilā ṣināʿa fa-yašuqquhā niṣfayn wa-yušarrifu aḥad al-niṣfayn ʿalā l-āḫar.
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/content/journals/10.1163/157005812x620643
2012-01-01
2015-07-31

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